claire de chavagnac brugnon

expos / textes d’auteurs

consultation du livre:
(à égale distance du souvenir et de l’oubli/midstream between remembering and forgetting)
http://webcatalog.fr/Claire-de-Chavagnac-Brugnon/Index.html#p=68

Commande publique :
Cinq Jeux d’eau pour « le Jardin des Arts » à Nontron (Dordogne), France, 2003

Commande privée :
Peinture murale (8×3.5m) pour la Fondation Paul Parquet, Neuilly sur Seine, France, 1993

Livres d’artiste :
Un près midi au bord de l’eau, L’Equilibriste 2002
Time waste the waiting and Poésie/Poetry, with poet Noreen Vignoles, 2002
Textes et dessins pour Paris/Damas: regards croisés, 2008

Expositions personnelles :

2019
GLAS, Chapelle Saint Maudez, Lanvellec
Galerie ESPRIT LAQUE
Galerie le MOTUL-LE
2018
– AMELIE Maison d’art, CHEMINEMENT, Paris
Espace Vercors, exposition d’automne avec Stéphane Deselle, Villars de Lans
2017
Abbaye de Koad Malouen, Kerpert
Galerie Olivier Nouvellet, Paris
Arte Diem, Voyages, Morlaix, présenté par la Galerie Réjane Louin
Galerie Audrey Marty, Amor ma plijadur, 2017Galerie Zeuxis, 2016
Galerie Audrey Marty, Impressions d’Asie, Saint Malo, 2015
Jos Joos Art and Design Gallery, Fault Lines, Brussels, 2015
Galerie Réjane Louin, Jour à jour, Locquirec 2014/2015
Chapelles St Laurent, Ligne de temps, Plouguerneau 2013
Galerie LdeO&CO Paris, Retour de Chine, 2013
Barnes International, Neuilly sur Seine, 2013
Jos Joos Art and Design Gallery, Brussels, 2012
Galerie FPL Royan, 2012
Galerie Le salon Français des Arts, Paris, 2010
Galerie 3F On the Way to Albuquerque, Paris, 2009
 Regards, Sauveterre en Guyenne 2006
Centre Culturel de Ty an Holl, Troncs Communs, Plestin les Grèves, 2006
Galerie le Pravda, Paris, 2003

Quelques expositions collectives
 2019
– Abstract Project, Rouge, Vert, Bleu Paris
-  Galerie Réjane Louin BLANCS à Locquirec
2018
- La Galerie Réjane Louin fête ses dix ans avec ses artistes, Locquirec
- Quatre artistes à Saint Mandé
- Galerie Le Vouvray , Paris, à l’invitation de Bernard BLAISE
-BLANCS, Galerie ABSTRACT PROJECT
- VIBRATION(S), Galerie Abstract Project, Paris
- Semaine du Dessin à Paris avec AKROMA collectif d’artistes européens
- Musée National d’Art Contemporain de RIGA avec AKROMA, collectif d’artistes européens, LettoniCAF.N 2017, Saitama-shi, Saitama-ken, Japon
AKROMA, Paris 2017
Abstract Project « 70 ans Réalités Nouvelles » 2016
Musée Géo-Charles Cent Papiers, Echirolles 2016
Prime MasterTeckningsmuseet, Laholm, Suède 2016
PAPER PARIS avec la Galerie Réjane Louin 2016
Grisy Code 2015
CAF.N 2015, Saitama-shi, Saitama-ken, Japon
CAF.N, Sendai 2014, Japon
Palazzo della Rocchetta  » omaggio a Ricardo Licata »2014 Ferrara, Italie
Comparaisons en Italie, avec Zamenhof- Art, Milan, Lecce, Venise, Italie 2012
Abstraction, trois artistes au Château Tallard, Tallard, 2012
Galerie Olivia Ganancia, 2012
Musée de Panjin et Musée de Hainan, 2012 Chine
Galerie associative Les Moyens du Bord Couleur, Morlaix, 2011
Galerie Réjane Louin 20 artistes les pieds dans l’eau, encres et dessins, Locquirec 2011
Jamie Gournay Gallery ,Windsor UK, 2011
Galerie Pascaline Mulliez Encres, Dessins, Œuvres sur papier, Paris, 2011
Galerie le Salon Français  Artistes au Féminin, Paris, 2010
Galerie Peinture fraîche, Paris, 2009
Musée d’art Contemporain, Chamalières 2009
Musée National d’art Contemporain, Damas, 2009
Galerie Artcour, Paris 2008
Ville de Noisy-le-Grand, Fontaines en scène 2008
Institut du Monde Arabe Paris/Damas : regards croisés, Paris, 2008
Château d’Eymet, Festival de la Faune et la Flore en Périgord Pourpre, 2006
Musée de la Prébandale, «  Multiple 3 » gravures et livres d’artiste, St Pol de Léon 2006
Musée de la Ceramica,  Salon international de la céramique contemporaine, Faenza Italie, 2003
Symposium international de sculpture en milieu naturel, Installation éphémère, Ouchamp, 2002
Musée d’Histoire Naturelle, 6ème Biennale Internationale de Sculpture, Paris, 2001
Carlin Gallery, Cratères, pièces en céramique, Paris, 2001
Musée d’Histoire Naturelle, Salon des Artistes Naturalistes, de Paris, 1998 

Foires internationales d’art contemporains :
Brussels Art Fair 2014, galerie Jos Joos, Belgique
Salon AAF Stokholms avec la Galerie Olivia Ganancia, 2012
Salon AAF Brussels avec la Galerie Olivia Ganancia, 2011, 2012
Affordable Art Fair, Amsterdam, avec la Galerie Olivia Ganancia, 2012
Galerie Pascaline Mulliez Art on paper, Bruxelles, 2010
Galerie Pascaline Mulliez Hot Art Fair, Bâle, 2010

Salons :
Grands et Jeunes d’aujourd’hui, Comparaisons, Les Réalités Nouvelles, Mac PARIS

 

TEXTES D’AUTEURS

Consultation de livre monographique:
(à égale distance du souvenir et de l’oubli/midstream between remembering and forgetting)
http://webcatalog.fr/Claire-de-Chavagnac-Brugnon/Index.html#p=68
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CLAIRE de CHAVAGNAC-BRUGNON, 2017-2018

:L’art à la lumière de l’être

Depuis la Bretagne où elle revient sans cesse, Claire de Chavagnac part en voyage à travers le monde.

Les lignes qu’elle trace par ses déplacements s’entremêlent et tissent des filets qui accrochent la lumière des paysages traversés.

Cette lumière changeante au gré des situations provoque des impressions que Claire transpose sur la toile en d’infinies variations de lignes et de couleurs.

Rythmes

Les rythmes qui s’en dégagent donnent le tempo : celui des déplacements du corps dans l’espace, des gestes de la main qui se met au travail, des mouvements du regard qui les accompagnent, scrutant l’infini de l’horizon, se laissant pénétrer par l’immensité d’un espace qui se met à vibrer au diapason du cœur, dont les pulsations traduisent l’élan vital, une impulsion primaire, première, primordiale.

Entre l’éclat de la couleur rouge qui nous saute au visage et qui revient de loin (voyage en Australie), et les bleus des étendues de paysages qui se perdent dans le lointain et se fondent dans la lumière humide de Bretagne, Claire nous invite au voyage, à un va et vient incessant entre l’ici et l’ailleurs qui se combinent au présent à l’aide de lignes qui structurent sa toile : horizons-horizontales, entrecoupées de verticales (déserts australiens) qui forment une grille, une trame, qui se résorbe parfois pour laisser s’échapper des gestes spontanés où s’exprime la matière.

Claire procède par superpositions de couches de peintures qui sont autant de strates de temps sur lesquelles elle revient sans cesse en grattant, en peignant, en découvrant des réserves, faisant remonter les souvenirs à la surface de la toile qu’elle traite en épaisseur, par d’infimes interstices de lumière, de couleur, de matière.

Elle construit méthodiquement une mémoire de l’image qui remonte à un en-deçà de ses propres souvenirs.

Ses toiles s’organisent en séries qui sont autant de séquences que l’on retrouve à l’intérieur même de celles-ci.

Séquences de ciels découpés sur une même toile ou successions d’images qui s’enchainent le temps de leur exécution comme de leur considération, traduisant sa durée, sa permanence, sa prégnance, que soulignent ces moments de rupture: interstices, brèches de temps qui donnent corps à l’image et la mettent en mouvement

La surface de la toile, combinée à l’épaisseur de la matière picturale révélée par ces « lignes de rupture » qui en constituent la trame, traduisent l’étendue d’un paysage dont l’expérience de la traversée nous ramène à un en-deçà de l’image, à sa condition nécessaire : celle, selon Paul Klee, d’un dialogue avec la nature, non plus avec la nature naturante, mais avec la nature palpitante1, pour voir selon le monde et avec lui.2

Prégnance

Ainsi, l’espace se révèle dans sa profondeur temporelle, dans une durée qui est pensée, plus que mesurée, pour se combiner au futur : « On apprend cette façon particulière de progresser qui consiste à retourner à l’antérieur, d’où procède ce qui est à venir. »3 Cette expérience de l’arrière4, dans le temps et dans l’espace, nous reconduit au commencement de l’image, au lieu de sa cosmogénèse qui s’incarne au présent, dans la vision, et nous conduit vers le « devenir-lieu » de l’image, ce « déjà là mais, pas encore », dans une région intermédiaire entre ciel et terre, eau et atmosphère, visible et invisible.

« Tous les chemins se rencontrent dans l’œil, en un point de jonction d’où ils se convertissent en Forme pour aboutir à la synthèse du regard extérieur et de la vision intérieure. »5

La valeur lumineuse de la couleur émane de l’espace de représentation qu’elle dilate et fait basculer dans l’abstraction. Elle s’ouvre sur un vide qui se forme au-devant de l’image. En Chine, le vide ménagé dans la peinture traduit le mystère de la création qui est mouvement, cosmogénèse sur laquelle repose le devenir.

Ainsi, l’artiste parcourt à rebours la création afin d’en retrouver le mouvement originel, sa pulsation.

« (Dans la peinture chinoise) le Vide n’est pas présence inerte (…) il est parcouru  par des souffles reliant le monde visible à un monde invisible. (…) (Il) permet le processus d’intériorisation et de transformation par lequel toute chose réalise son même et son autre, et par là, atteint la totalité. »6

L’éclat de la couleur au-devant de l’image nous touche à distance, tel un souffle qui nous effleure et que l’on respire. Il nous invite à « marcher dans la couleur »7, à suivre les pas de Claire dans sa traversée d’espaces indéterminés : déserts ocre rouge (Australie), région entre eau et atmosphère (Bretagne) ou déserts blancs des lacs gelés (mer baltique).

Ces étendues vides sont autant de lieux désertés s’ouvrant sur le « devenir-sensible » de l’image qui se réalise dans cet avènement coloré, entre présence et absence : l’émanation lumineuse de la toile, ici et maintenant, fait écho au lointain des couleurs, à cette expérience passée de la traversée qui s’actualise dans cette plongée vers le pré-temporel, lieu indéterminé de la création dont l’aura constitue l’indice d’une imminente épiphanie.

« C’est pourquoi tant de peintres ont dit que les choses les regardent, et André Marchand après Paul Klee : « (…) Je crois que le peintre doit être transpercé par l’univers et non vouloir le transpercer… J’attends d’être intérieurement submergé, enseveli. Je peins peut-être pour surgir. » »8

Les compositions calmes de ses paysages bretons, « où ne prédomine aucune verticale (comme lorsqu’on nage ou plane.) »9, forment le support visuel de lévidance 10: « pan fascinant et insituable, comme évènement organique de la couleur. »11

En nul lieu assignable, ces pans de couleurs flottent dans une région indéterminée dans laquelle se rejoue l’avènement de la genèse de l’ œuvre en train de se faire.

« Plus loin plonge son regard et plus son horizon s’élargit du présent au passé. Et plus s’imprime en lui, au lieu d’une image finie de la nature, celle – la seule qui importe – de la création comme genèse. »12

Blancs

Blanc-lumière, lacs gelés, nappes d’eau salée, déserts blancs…

Les blancs chez Claire ne le sont jamais tout à fait. Ils oscillent entre le rose, l’ocre, le bleu, reflets de l’atmosphère qui les entoure et dont ils donnent la température.

Température d’un blanc impur qui filtre la lumière du lieu d’exposition.

Lumière qui refait surface depuis le fond de la toile qui la réverbère, la difracte, la transforme, la transfigure pour que soit restituée dans l’ œil de celui qui regarde une lumière Autre, qui le rend présent à l’image.

Le regard passe au travers de la matière picturale, scrute les interstices qui nous amènent à « entrer dans l’image », à se projeter dans cet espace à la fois sensible et abstrait, de façon à nous immerger dans un environnement lumineux, enveloppant et sonore.

Blanc-murmure qui laisse entendre le crissement du sel ou celui de la glace sous nos pas, le bruissement du vent sur lequel s’ouvre le silence du désert, celui de l’air que l’on respire, impalpable mais tactile.

Les lignes que Claire fait apparaître dans sa peinture sont autant de lignes d’écriture que de partitions. Elles participent à un même fond : celui de la texture de la toile qui se mêle à l’imaginaire du réel et qui fleurit à la surface, comme l’efflorescence du sel à la surface de l’eau.

Scansions, lésions, scarifications, ces lignes participent aux échanges entre le dedans et le dehors, entre le passé et le présent. Dans sa remontée, la couleur qui afflue par capillarité se mélange au blanc qui vire et se teinte d’infinies nuances. Cette transformation du blanc qui devient couleur procède, par mélange, à une transsubstantiation de la matière. Par contact avec l’air qui circule au-devant de la toile, la couleur ranime le paysage comme le souffle de l’haleine se réchauffe au contact du coeur.13

« (…) c’est un nouveau type d’être, un être de porosité, de prégnance ou de généralité, et celui devant qui s’ouvre l’horizon y est pris, englobé. Son corps et les lointains participent à une même corporéité ou visibilité en général, qui règne entre eux et lui, et même par-delà l’horizon, en deçà de sa peau, jusqu’au fond de l’être.»14

Si Claire superpose d’infimes couches de peinture sur lesquelles elle revient sans cesse par de multiples opérations qui combinent le geste et la vision, le motif de ses toiles tend vers un certain dépouillement de la forme et de la matière absorbée par le support. Cette dématérialisation de la peinture qui se retire de la surface de la toile pour s’y abstraire tend vers sa disparition. Suivant ce processus d’évidement, qui s’apparente à une inspiration, la peinture s’absente d’elle-même et s’ouvre à la reconnaissance par l’Autre de l’image en soi.

Christine Enrègle, mars 2019

1 « Tout d’abord, l’artiste n’accorde pas aux apparences de la nature la même importance contraignante que ses nombreux détracteurs réalistes. Il ne s’y sent pas tellement assujetti, les formes arrêtées ne représentant pas à ses yeux l’essence du processus créateur dans la nature. La nature naturante lui importe davantage que la nature naturée. » Paul Klee, Théorie de l’art moderne, Ed. Denoël, Coll. Folio Essais, Paris, 1985, p.28.

2 « Je serais bien en peine de dire est le tableau que je regarde. Car je ne le regarde pas en son lieu, mon regard erre en lui comme dans les nimbes de l’Etre, je vois selon ou avec lui plutôt que je ne le vois. » Maurice Merleau-Ponty, L’œil et l’esprit, Ed. Gallimard, Coll. Folio Essais, Paris, 1964, p.23.

3 Paul Klee, Op. Cit., p.49.

4 Auquel Yves Bonnefoy donne le nom « d’arrière-pays » dans lequel « personne n’y marcherait comme sur terre étrangère. » L’auteur cite ici Plotin in Yves Bonnefoy, L’arrière-pays, Ed. Skira, Genève, 1972, Ed. Gallimard, Coll. Poésie, Paris, 1992, p.7.

5 Paul Klee, Op. Cit., p.46.

6 François Cheng, Vide et plein, Le langage pictural chinois, Ed. Seuil, Coll. Essais, Paris, 1991, p.47-48.

7 En référence à l’ouvrage de Georges Didi-Huberman, L’homme qui marchait dans la couleur, Ed. Minuit, Paris, 2001.

8 Maurice Merleau-Ponty cite G. Charbonnier, Le Monologue du peintre, Paris, 1959, p.34, in Maurice Merleau-Ponty, L œil et l’esprit, Op. Cit., p.31.

9 Paul Klee, Op. Cit., p.27.

10 « Un lieu vide, mais dont le vide aurait été converti en marque d’une présence passée ou imminente. Un lieu porteur d’évidence, donc, ou d’évidance, comme on voudra. (…) Quelque chose que tenterait à sa façon, toute visualité monochrome : se donner, comme l’évidence apparaissante de la couleur de l’« évidance ». », Georges Didi-Huberman, Op. Cit., p. 20. .

11 Georges Didi-Huberman, Id., p.19.

12 Paul Klee, Op. Cit., p.28.
——–

Extrait de l’ouvrage monographique « claire de chavagnac-brugnon, au fil des jours »  aux éditions Livredart 2014

« …Claire de Chavagnac Brugnon s’est promenée en Chine, au Japon, en Inde, à New York, en Bretagne et ailleurs, toujours ailleurs, à tracer chaque fois autrement, à une autre température, avec les tons d’une atmosphère nouvelle, la résonance des lieux qu’elle a traversés ; ailleurs et donc doublement présent, revenue avec la faim d’un écrivain mais sans mot sur les traces du passé, dans l’intensité d’un acte de retour.
Outre les carnets, il peut s’agir de  rectangles de papier Canson, de feuilles, précieuses comme une étoffe antique ; de tableaux de toute taille, dont une série s’appelle « Mers intérieures ».
Sur un de ces tableaux, chose rare, une phrase : La toile est le cordon entre le dedans et le dehors. Ici, nous sommes happés par l’espace du dedans. On ne marche pas, on plonge dans la plénitude de la couleur bleue. Le rythme des toiles se décline au ralenti, le pouls du bleu battant sous l’eau…. »

« …Claire de Chavagnac Brugnon’s travels have taken her to China, Japan, India, New York, Brittany and elsewhere, always elsewhere, each time leaving a trace of a different temperature, her palette taking us into a new atmosphere, suggesting the way a particular place might resonate for her.  Each time she has returned with a writer’s hunger yet without words, retracing the trajectory of the past, with all the intensity of an act of return transfigured in the process of rendering the past present.
She might be using a sketchbook, rectangular Canson sheets, or paper with the weave of ancient cloth. There are also paintings of many sizes; among them a series named “Inner seas”. Unusually, a sentence is marked across one of these paintings: La toile est le cordon entre le dedans et le dehors, (the canvas is the cord between the inside and outside worlds). Here one is taken deep into the interior, diving down into the full intensity of the colour blue… »

 

Catalogue « Retour de Chine » 2012

The memories of our voyages pale alongside the sketches and notes scribbled in tattered journals. Rarely are those experiences further reflected upon. However, such meditations connect the mind with the senses and emotions, expressing deeper constructions of meaning: crowded hutongs, the locked portal in a gilded temple, the flurry of rain seen through a slow-moving train window ‑ ephemeral moments, and aspects of a reality difficult to describe.

Yet it is this deeper, interior journey that the artist has undertaken and captures in this new exhibition of paintings. The viewer, consequently, is invited as a participant to connect memories and meaning in a shared voyage. The artist aids us through brush strokes that illustrate movement; calligraphic gestures that evoke a word, a phrase or even an Oriental philosophical precept.

Christopher Brown


Les souvenirs de nos voyages émergent à la vue des croquis et notes prises jour après jour par l’artiste. Bien qu’aucune image ne nous renvoie directement à quelque chose de connu, elles ouvrent nos sens aux émotions et sensations qui permettent d’en comprendre et apprécier le sens profond: l’activité des quartiers hùtòngs, les lourdes portes closes d’un temple, la pluie battante sur la vitre du train en mouvement – moment éphémère, réalité d’un l’instant qui nous enveloppe.

Ce sont ces instants fugaces au long d’une journée que l’artiste saisit pour nous proposer cette nouvelle exposition. Le spectateur est invité à participer au voyage, aidé par l’écriture vivante et renouvelée qui n’est pas sans évoquer l’Orient dans sa philosophie.  

 

Texte catalogue Japon :

Le passage du temps, la mémoire du vécu, sa réalité spatiale dans l’Abstraction au sens chinois du terme -se laisser habiter par la nature pour pouvoir en restituer l’essence du bout du pinceau- occupent mes recherches depuis 2007.

« In the World in which I travel, I am endlessly creating myself. » – Franck Fanon

Chaque voyage que j’entreprends, temps de réflexion et d’observation, me permet d’affûter ma perception, propose de nouvelles réponses, élaguent le chemin, débarrassent du trop.

De retour du Japon, il m’a paru évident de prendre -pour la première fois depuis 30 ans- mon T et mon équerre, de travailler avec des voiles ou légères trames. Le raffinement, l’élégance, la justesse des rythmes dans l’architecture et l’art des jardins de ce pays ont imprimé en moi le désir d’un travail dans l’économie du signe, la recherche de la trace juste dans une lente maturation intérieure. Eviter la surcharge, comprendre l’espace, en restitué l’essence dans sa qualité de silence, dans la retenue des sentiments. L’économie des moyens, le choix des matières, la simplicité du geste, loin d’appauvrir sert la force de l’expression. La recherche de la lumière dans le pigment même, que révèle des jeux de superpositions élaborés, m’amène à expérimenter de nouvelles techniques dans la fabrication de mes couleurs, et la pose du signe sans repentir possible.

L’écriture se déroule sur la ligne, s’accroche à la suivante, devient trame comme flottante pour mieux accrocher le temps . L’oeuvre se tisse lentement au fils des jours.

 

Note de l’artiste extrait du catalogue 2013

My work has been focused on the spatial reality of memories, in terms of experience and the passage of time, since 2007.

Understanding a space, inhabiting it, rendering its essence with its emotional qualities and transcribing the emotions that emerge from that space, in the simplest possible way, form the basis of my approach.

The artistic means I use are basics signs composing a musical and rhythmical written dialogue. The choice of materials and the simple gestures serve to express powerful emotions. The light revealed by the pigment itself through elaborate overlays results from years of research and experimentation. The various coats laid on top of each other provide the deepness. They work independently yet combine to strike a balance between themselves. The rhythmic writing goes from line to line to become a floating weft that keeps the memory of Time.

The piece of art is slowly woven over the passing days.

November 2013